« Diplômé ou pas, formé ou pas, instruit ou pas, cela ne garantit plus un travail payant. Travailler des années pour si peu; Non Merci ». C’est ainsi qu’on justifie le recours à certaines activités criminelles pour « gagner » l’argent des autres. Certains se donnent un drôle de code d’éthique; « On vole l’argent des banques, celui des grosses compagnies seulement. On vole l’argent des grands voleurs. Jamais les particuliers! » De cette façon on se prémunit de toute culpabilité. De toute mauvaise conscience.
Dans ce rapport à l’argent, c’est la notion de rendre service qui fait défaut. En volant l’argent des autres, on ne rend service à personne. On fait du tord à quelqu’un et aussi à soi-même. L’argent volée est vite dépensé. On est rapidement tenté par un autre coup et comme on ne réussit pas à tous les coups, on finit tôt ou tard par se faire prendre. On a beau se dire « La prochaine fois, je ferai plus attention, je ne répèterai pas les mêmes erreurs, je changerai de partenaire » on finit par aboutir dans une cellule de prison sans argent et sans liberté. Cette argent qu’on associe à la liberté c’est elle finit par nous en priver.
Bien sûr, la cupidité n’est pas propre à certains criminels. Ceux qui gagnent légalement beaucoup d’argent ne le méritent pas tous nécessairement. Mais le fait qu’ils soient enviés et même respectés par la société ajoute à la confusion de ceux qui ne font pas la différence entre gagner sa vie et gagner de l’argent. Voler l'argent des autres, c'est voler un peu de leur vie.
Je propose aux Souverains anonymes pour la saison d'hiver 2002, un atelier de vulgarisation sur les notions de travail, de service et d’argent. Certains invités participeront à cette vulgarisation en parlant de leur propre rapport à l’argent et au travail. Je souligne la participation particulière de Richard Desrosiers, un ex-détenu et un ex-voleur réinséré en société depuis des années.