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Intro 59':
Dans une lettre signée le 11 janvier dernier,
les évêques du Canada ont dénoncé le sort réservé aux réfugiés.
Selon la Conférence des évêques catholiques du Canada,''Le gouvernement d'Ottawa mène la vie dure aux immigrants
et aux réfugiés depuis le 11 septembre 2001''.L'église unie du Canada n'est pas moins critique
à l'endroit de la politique de l'immigration du Canada.
Selon une lettre de Darryl Gray de La Coalition interconfessionnelle pour l’asile religieux,''Nous en sommes arrivés à conclure que le processus de détermination
du statut de réfugié n’est pas équitable.
Les églises qui ouvrent leur porte pour offrir l’asile religieux résistent
au caractère injuste de cette politique.
Nous croyons que les réfugiés sont des personnes
qui ont droit à la vie et à la liberté,
que la vie humaine est sacrée et qu’elle doit être préservée à tout prix.
Des institutions morales ne peuvent obéir à des lois qui sont injustes''Le Canada, comme d’autres pays, a l’obligation,
selon le droit international, de ne pas expulser un demandeur de statut de réfugié
vers la torture ou la persécution.
Mais après analyses des dossiers, les autorités d'Immigration
du Canada jugent que certaines personnes sont des faux réfugiées.
Elles sont alors renvoyées directement à leurs pays d'origines
ou aux frontières si elles sont entrées par les États unis.Dans la nouvelle loi sur l'immigration et la protection des réfugiés adopté en 2002,
la procédure du droit d'appel a été supprimé.
Depuis deux ans, faute de recours légal,
plusieurs sans statuts ont fait appel à des sanctuaires demandant
refuge pour attirer l'opinion publique sur leur cas.
En 2004, au moins 8 sanctuaires à travers le Canada
ont offert refuge à des sans statuts qui avaient reçus ordre de déportation.
Les églises Protestantes ont été plus nombreuses à ouvrir leurs portes aux sans statuts.Le principe du sanctuaire remonte à l'antiquité.
Dans plusieurs traditions, investir un lieu de culte
pour saisir quelqu'un de force est un sacrilège.
En mars 2004, pour la première fois dans l'histoire du pays
les autorités d'Immigration Canada ont investi de force
un lieu de culte, l'Église Anglican du Québec, pour expulser Mohamed Cherfi.
Cette intrusion dans un lieu de culte a grandement
indigné les responsables de toutes les églises au Canada.Mais cet évènement n'a pas empêché, au début du mois de janvier dernier,
l'église catholique St-Gabriel du quartier Point St-Charles à Montréal,
d'offrir refuge à Abdelkader Belaouni.Autour de cet algérien de 38 ans,
aveugle et diabétique, un comité de soutien composé
d'une cinquantaine de citoyens a été constitué.
En plus d'appuyer sa démarche, le comité doit répondre quotidiennement à ses besoins.
Un séjour dans un sanctuaire n'est pas une affaire simple.
On ne sait jamais combien va t-il durer.
Il y'a au Canada quelque 400 000 sans statuts en attente de régularisation.
Avec l'absence du droit d'appel, on peut prévoir
que le phénomène des sanctuaires prendra de l'ampleur.
La coalition interconfessionnelle pour l'asile religieux entend maintenir son appui aux réfugiés.
La Commission des affaires sociales de la Conférence des évêques catholiques ontariens
a rappelé en juin 1993 que« La décision éthique d’offrir l’asile religieux est une solution
de dernier recours qui est ancrée
dans les traditions de toutes les grandes religions».Je me suis rendu à l'église St-Gabriel
et j'ai rencontré quelques personnes dont certaines ne sont pas
à leur première expérience de solidarité avec un sans statut,
réfugié dans un sanctuaire.Janine Clave, Comité de soutien à Kader
Guylaine Racine, Comité de soutien à Kader
Pierre Dangier, Médecin auprès des réfugiés
Omar Koné, responsable de la mosquée AL IMANE
Father McDonald, responsable de l'Église St-GabrielPour Janine Clave, française d'origine: ''Un musulman qui fait sa prière dans un prysbytère catholique
c'est mon image d'un Canada ouvert...''