Jeudi 12 mars 2001
Pas en mon nom
Reportage de Mohamed Lotfi
Depuis le 9 février 2001, à tous les vendredi midi, des palestiniens et des juifs du Québec se rassemblent à l’entrée du consulat d'Israël sur le boulevard René Lévesque à Montréal pour manifester leur opposition à l’occupation par Israel des territoires occupés.. Depuis la deuxième Intifada, soulèvement populaire des palestiniens contre l’occupation israelienne, et face à l’impasse d’une solution de paix depuis les accords d’Oslo, c’est un peu partout dans les pays occidentaux que des voix s’élèvent pour revendiquer l’urgence d’'une paix fondée sur la reconnaissance d'un Etat palestinien, une paix juste et équitable pour les deux peuples de la région. Parmi ces voix on retrouve de plus en plus de juifs qui osent exprimer leur désaccord avec la politique agressive du gouvernement israelien. C’est un phénomène nouveau constaté particulièrement en France et en Bélgique où 160 inteléctuels juifs belges avaient signé, en 2001, un manifeste pour un juste règlement du conflit israélo-palestinien. À deux reprises, je me suis rendu à l’entrée du consulat d’Israel à Montréal pour ceuillir quelques témoignages de manifestants, notamment celui de Robert Silverman connu comme le fondateur du monde à Bicyclette et Bruce Katz cofondateur de l’alliance juive palestinienne contre l’occupation. Sur les pancartes, on pouvait lire Pas en mon nom. Dans la même année de 2001, une grande rencontre a eu lieu à Chicago, où juifs et arabes des États unis ont fait entendre leur voix commune contre l’occupation.. Je rappelle que c’est à tous les vendredi que des palestiniens et des juifs se rassemblent face au consulat israelien sur le bl René Levesque à Montréal.. C’est un rassemblement pacifique.. Le PAJU, juifs et palestiniens unis, entend tenir leurs manifestations tous les vendredi jusqu’à la fin du conflit..
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Manifeste
pour un juste règlement
du conflit israélo-palestinien
Des Juifs de Belgique s'impliquent et s'expliquentCitoyens de ce pays, nous avons décidé de nous exprimer en tant que Juifs sur les événements qui embrasent le Proche-Orient. En cette qualité, nous nous sentons le devoir de condamner la politique menée par les gouvernements israéliens à l'encontre du peuple palestinien au mépris, tant des résolutions des Nations Unies, que des droits élémentaires de l'Homme et du droit des peuples à disposer librement d'eux-mêmes. En exprimant notre opposition à cette politique nous contestons la prétention des dirigeants israéliens à la mener au nom du peuple juif.
Nous voulons aussi témoigner de la diversité des opinions des Juifs de Belgique à l'égard d'Israël, contrairement à l'idée que certains représentants de la communauté juive cherchent à accréditer. Nous refusons précisément de nous laisser enfermer dans une logique de repli identitaire qui vise à détourner les consciences et les actes du soutien à une cause juste : celle d'une paix fondée sur la reconnaissance d'un Etat palestinien souverain et viable aux côtés de l'Etat d'Israël avec Jérusalem, capitale des deux pays.
Nous estimons que le combat du peuple palestinien pour son indépendance nationale est légitime. L'occupation qu'il endure depuis plus de trente ans, en violation des principes du Droit international, ainsi que l'exil forcé dans lequel sont maintenus les réfugiés palestiniens n'ont que trop duré. Toute occupation génère tôt ou tard une résistance de la part de celui qui la subit. Le climat de violence dans lequel Israéliens et Palestiniens s'enferment aujourd'hui est le fruit de cette longue occupation : les racines de leur affrontement sont essentiellement politiques et non réductibles à un conflit religieux.
Proclamer son soutien à la cause d'une paix dont presque tous se revendiquent ne suffit pas. Encore faut-il en définir les conditions nécessaires.
* Il convient avant tout de mettre en application les décisions du Conseil de sécurité des Nations Unies, et en particulier la résolution 242 qui exige le retrait d'Israël des territoires occupés en 1967. Nous considérons, en effet qu'un Etat palestinien ne serait pas viable si Israël maintenait sous sa souveraineté ses implantations, illégales au regard du Droit international, en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est. L'annexion par Israël de la plupart des terres où ces colonies sont situées ne pourrait avoir pour conséquence que le morcellement du futur Etat palestinien : la circulation d'une ville palestinienne à l'autre et vers l'étranger dépendrait du seul bon vouloir des autorités israéliennes. Comment un Etat souverain pourrait-il accepter une telle solution ? C'est pourtant bien cela qui a été proposé aux Palestiniens à Camp David en juillet 2000.
* Il importe aussi que la viabilité du futur Etat palestinien soit garantie par des mesures qui favoriseront son développement économique et la maîtrise, partagée sur un pied d'égalité avec les pays voisins, des ressources en eau.
* Le sort actuel des réfugiés est un autre obstacle majeur à l'établissement d'une paix véritable entre les deux peuples. Le mouvement sioniste, après deux mille ans, a institué, pour les Juifs, le droit au retour. Après cinquante ans, les Palestiniens ne sont-ils pas au moins aussi fondés à exiger le droit au retour des réfugiés sur les terres dont ils ont été chassés ou, pour ceux qui seraient amenés à y renoncer, le droit à l'indemnisation pour les biens dont ils ont été spoliés ? La reconnaissance par Israël de ce principe rendrait enfin au peuple palestinien la justice qu'il réclame et ouvrirait la porte à une véritable réconciliation.
Les accords d'Oslo auraient pu conduire par étapes à un règlement du conflit si une dynamique de paix l'avait emporté sur la politique du fait accompli menée depuis lors par Israël.
Cette occasion a malheureusement été manquée.
Compte tenu du rapport de force par trop inégal entre les deux parties et de la mansuétude dont Israël bénéficie de la part des Etats-Unis, les négociations bilatérales entre Israéliens et Palestiniens ont bien peu de chance d'aboutir sans des pressions exercées par la Communauté Internationale et tout particulièrement par l'Union Européenne. La persistance de la situation actuelle constitue une grave menace pour la paix et la stabilité dans tout le Proche-Orient. Nous demandons dès lors à nos gouvernants belges et européens de faire prévaloir le Droit international et d'agir avec détermination pour qu'Israël s'y conforme. Nous tenons également à répercuter l'appel dans ce sens des organisations qui, dans des conditions extrêmement difficiles, militent au sein du Bloc de la Paix israélien.
Nous partageons les convictions des nombreux Israéliens qui aspirent à la paix avec leurs voisins palestiniens et admettent aujourd'hui leur droit à un Etat souverain et viable. Ils savent que c'est leur meilleure garantie de vivre en sécurité dans leur propre pays en y préservant les valeurs démocratiques. Pour notre part, nous resterons mobilisés jusqu'à ce qu'un règlement juste et équilibré mette fin à un conflit qui n'a apporté que souffrances et désolation..
Signataires (160 au 29 janvier 2001)
Bettina Abramowicz, Manuel Abramowicz, Marco Abramowicz, Stella Abramowicz, Mateo Alaluf, Quentin Alaluf, Valérie Alaluf, Daniel Apelbaum, Jacques Aron, Cécile Baldwin, Emmanuelle Balzano, Joëlle Baumerder, Jérome Beghin, Marianne Berenhaut, Daniel Berkenbaum, Ivan Berkenbaum, Sarah Blau, Micheline Blust, Ariane Bratzlavsky, Inge Brinkman, Jacques Bude, Anita Chaberman, Rosy Chauvier, Eric David, Koen Dille, Elise Draise, Nathalie Dunkelman, Bernard Fenerberg, Patricia Fenerberg, Fanny Filosof, Maurice Fogel, Danielle Frank, Norbert Frankfort, Thérèse Frankfort, Laurette Frydman, Mady Frydman, Patricia Geller, Geneviève Gendebien, Pierre Gillis, Victor Ginzburgh, André Goldberg, Charles Goldenberg, Rosa Goldman, Charly Goldmann, Jeannette Goldsztein, José Gotovitch, Louise Gotovitch, Anne Grauwels, Simon Gromowski, Catherine Gross, Elie Gross, Laurent Gross, Léa Grunbaum, Julos Gruszow, Marcel Gudanski, Marco Gudanski, Michel Gudanski, Alfred Gutmann, Boris Gvirtman, Sylvie Harold, Christiane Havet, Anne Herscovici, Charles Herscovici, Paula Hirsch, Marc Hordies, Berthy Hudes, Agnès Hurwitz, Henri Hurwitz, Manuelle Hurwitz, Léon Ingber, Christian Israël, Lolita Iven-Abramowicz, Jean-Pierre Jacquemain, Virginie Jortay, Dolf Kacenelenbogen, Willy Kalb, Catherine Kestelyn, Simone Klajman, Stéphane Kohn, Rachel Kramerman, Anna Klipper, Estelle Krzeslo, David Lachman, Alain Lapiower, Hélène Lapiower, Sarah Lefèvre, Cécile Lenkowitz, Florence Levis, Rosine Lewin, Dominique Liebermann, Henri Liebermann, Sophie Liebermann, Adeline Liebman, Sophie Liebman, Claire Liebmann, Daniel Liebmann, Jean-Claude Liebmann, Léon Liebmann, Lili Liensens, Christophe Lisart, Anne Lucas, Arié Mandelbaum, Ariéh Mandelbaum, Marcelle Mandelbaum, France Marage, Vital Marage, Chantal Marissal, Noé Martens, Thérèse Massart, Nicole Mayer, Robert Minc, Yves Minc, Viviane Mora, Irène Moskovic, Annette Nicolle, Josée Noël, Emmanuel Nudel, Michel Nudel, Jean-Marc Picard, Alain Potaznik, Léon Potaznik, Léon Prays, Gérard Preszow, Fabienne Raindorf, Jean-Michel Raindorf, Nadia Raindorf, Norma Raindorf, Jacques Rajchman, Jacques Ravedovitz, David Roger, Pierre Roger, Claire Roger-Wolf, Sabine Rozen, Dominique Rozenberg, Edith Rubinstein, Anne Sapir, Marc Sapir, Jacques Simon, Michel Staszewski, Marcel Stelzer, Marka Syfer, Georges Sylin, Henriette Sztajer, Anne Thyrion, Daniel Tursch, Esther Vamos, Muriel Vamos, Eric Van Praag, Laurent Vogel, Ludmila Vondracek, Bella Wajnberg, Henri Wajnberg, Admon Wajnblum, Henri Wajnblum, Axel Wang, Nadine Wang, Richard Wang, Thierry Wenes, Gilbert Wolf, Larissa Wozek