L'autre face cachée des gangs de rue

Un reportage de Mohamed Lotfi

Cliquez et écoutez

Intro 36':

Reportage 10.43'




Depuis quelques mois, les gangs de rue font beaucoup l'actualité. Et pourtant, la police de Montréal a reconnu pour la première fois leur existence en 1989. On avait alors recensé 27 groupes et 314 membres connus. Aujourd'hui, la police identifie 25 gangs de rue «organisés», regroupant 1250 membres. C'est quatre fois plus qu'en 1989. Selon la police de Montréal, de janvier à juin 2006, il y'a eu 9 meurtres, 29 tentatives de meurtres et 779 arrestations, tous reliés au milieu des gangs de rue. Au cours des 16 dernières années, plus de 111 homicides survenus dans la région de Montréal étaient liés à des gangs de rue, dont 3 en 2005. Ceci dit, il est faux de croire que les gangs de rue sont composées exclusivement de noirs.

Depuis la sortie, le 3 octobre dernier, du livre La face cachée des gangs de rue de Maria Mourani certains médias ont ouvert un débat sur le phénomène. Mais apparemment, dans tous ces débats et entrevues, il y'a d'autres faces cachées des gangs de rue qui n'auraient pas été abordées. Pour en avoir une idée, j'ai fais appel à des hommes dont certains ont déjà été eux-mêmes membres de gangs de rue.. Deux parmi eux expriment leur opinion en rap.

Les deux jeunes rappeurs qui ont participé au reportage sont ''Simple'' et ''Trax'' . Tous les deux ont des projets d'album. Nous savons que le rap est un moyen d'expression de la plus part des membres des gangs de rue. Il faut reconnaître que pour certains le rap représente une porte de sortie de la gang. Au USA et en France, certains sont devenus des artistes reconnus. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, tous les rappeurs ne véhiculent pas la violence dans leur rap. Plusieurs utilisent plutôt la musique rap comme moyen de prévention. Les spécialistes tel que Maria Mourani, auteur du livre La face cachée des gangs de rue et Harry Delva, intervenant à la Maison d'Haïti, s'accordent pour dire que le Québec accuse 15 ans de retard dans la prévention et que la répression seule ne mettra pas fin au phénomène des gangs de rue. Selon le Commissaire de la GRC, il y'aurait 300 gangs de rue au Canada dont 800 membres sont hautement criminalisés..